mercredi 14 mai 2014

Calme aujourd'hui...

J'ai le sentiment d'avoir passé une journée calme intérieurement, un temps où j'ai laissé descendre en moi, la compréhension de la séparation entre le jugement et le discernement. Je pense que l'un est lié à une émotion, l'autre à une constatation de faits. 

D'où le sentiment de progresser dans recevoir une critique et recevoir un compliment. Quand je comprends que lorsque quelqu'un émet l'un ou l'autre, il me parle de sa vision de moi, mais que ni l'une, ni l'autre, n'est moi. Je ne suis pas identifiée par cela. Par contre si je ressens une émotion à ce moment là, c'est que dans le cas du compliment, j'ai besoin que l'on alimente mon estime de moi. Dans le cas du jugement, c'est qu'une part de moi est d'accord avec cette vision de moi, puisqu'elle vient résonner sur ma mésestime de moi... 

L'émotion que je ressens dans les deux cas, a quelque chose de similaire, qu'elle me déstabilise, m'éloignant de mon moi profond. Dans le cas du compliment, il m'arrive souvent de penser, attention, il faut que tu fasses le nécessaire pour, qu'à l'avenir on ne puisse pas penser le contraire (parce que évidemment je suis toute blanche ou toute noire, l'intermédiaire n'existant pas !!!), et ainsi je ne peux pas supporter de décevoir...
Dans le cas du jugement, je me sens détestable et je me débats pour garder la tête haute.

Mais çà c'était avant, aimerai-je dire... Mais je sens bien que c'était avant, même si je ne suis pas encore suffisament assurée, n'ayant pas encore imprimée suffisament d'expériences pour me faire confiance dans ma capacité à le vivre, de cette manière nouvelle.



  

mardi 13 mai 2014

Jugement quand tu nous tiens...

Qu'il m'est encore bien difficile de ne pas me laisser aller dans les jugements. 
Je ressens quelque chose en moi qui me dit oh la la, que j'ai du mal à écouter certaines personnes. Quand elles me parlent durant de longues minutes de choses qui ne m'intéressent pas, que je ne sais pas quoi répondre et que je m'ennuie profondèment en les écoutant. J'ai essayé de penser à garder un regard bienveillant sur elles. 

Mais je ne peux pas apprécier tout le monde. D'ailleurs il y a des personnes que je n'arrive pas à aimer. Pour autant, je peux leur souhaiter le meilleur. Il m'arrive même de les bénir intérieurement.

Quand la conversation se fait à sens unique, que la personne tourne en boucle et ne s'aperçoit pas que ses propos peuvent ennuyer l'autre, est-ce que quand je dis cela je juge ou suis-je factuelle ?
Je pense que d'autres auraient pu trouver le sujet de conversation intéressant, mais alors si je dis que cela m'ennuie comment je fais ? J'avoue avoir été embêtée sur le moment, car je n'ai pas trouvé comment faire... De plus comment adoucir mon discours intérieur ? Je peux si cela n'est pas trop long, mais là ce fut long et je me suis concentrée pour ne pas vexer cette personne, mais alors je me tends...

J'ai encore du mal à faire la différence entre jugement, analyse, vécu émotionnel, etc...

Je n'ai pas dit, ni pensé que la personne était ennuyeuse, j'ai parlé de ma réaction à ce qu'elle me disait. J'ai différencié la personne de son propos. Je n'ai ensuite pas eu mon esprit qui a divagué. Mais j'avoue que si une autre personne n°2 m'avait demandé ce que je pensais de la personne n°1, je sens alors ma fragilité et le besoin de me soulager de tout ce que j'ai été obligée d'entendre et de ce que cela m'a fait vivre.

Bon, Lady Bibi, c'est pas grave, tu continues courageusement la route, c'est celle de la vie... 


lundi 12 mai 2014

Premier lundi qui suit...

Aujourd'hui je me suis retrouvée dans un groupe d'amies. Ce fut un exercice concret pour moi où j'ai eu à vivre le fait de ne pas les juger pour leurs propos, de voir en chacune d'elles ce qu'elles avaient de bon, malgré mon désaccord avec certaines de leurs idées, et de les bénir sincèrement.

Dans ce groupe j'ai souvent défendu seule et sans soutien d'aucune, certaines de mes idées. En l'occurence là ce fut sur mon regard sur l'être humain. Je choisis de chercher le bon en chacun, d'y faire appel, même quand la situation est mal embarquée. On me traite souvent de naïve, mais je pense que ce n'est pas juste. Je choisis délibérément de croire en l'homme et à sa capacité qu'il a en lui, d'être bon. C'est un vrai exercice, car quand on m'expose des idées qui sont à l'encontre de mes valeurs profondes, j'ai du mal. Mais je me dis, cette personne n'est pas que l'idée qu'elle exprime. Je fais appel, quand je la connais, à ce que j'ai vu d'elle de générosité parfois, de sensibilité... 
Et je me dis que ses idées ne peuvent pas me pénétrer, je les laisse passer au dessus de moi, comme un nuage qui s'éloigne, poussé par le vent.

Quand quelqu'un se permet de me dire ce qu'il pense de moi, j'essaye de me dire "ce sont ses pensées, si cela t'impacte, c'est que tu crois que ce qu'il dit est vrai". Si je n'y crois pas, je ne laisse pas entrer dans mon cerveau cette image de moi. Je reste stable au plus profond de moi, bien plantée en terre, droite, comme les arbres que j'aime et que je photographie. 

Ce qu'il m'est venue comme image, c'est que enfin je me mets en vis à vis de Dieu, debout et fière d'être adulte sous son bon regard bienveillant et plein d'affection. Je quitte l'enfance... C'est bien à mon âge, ma brave dame...

Comme le propose Olivier Clerc, le jugement dernier tant raconté comme un moment redoutable dans notre culture catholique, adviendrait ici sur terre, le jour où j'émettrai mon dernier jugement sur moi !!!
Je sens que cela me parle. J'avance fièrement et avec courage. Bravo ma belle, comme je sais si souvent le dire à mes filles qui sont des femmes maintenant. Moi aussi je peux m'appeler ma belle...

dimanche 11 mai 2014

Dernier jour, et premier jour du reste de ma vie...

Ce parcours s'achève, et cela m'a changée. J'ai appris à me donner, par moi-même, de l'importance. C'est une étape fondadrice pour moi. Pendant des années, si ce n'est depuis du plus loin que remonte ma mémoire, je me suis occupée des autres. Après un engagement de trois ans, de ma seconde à la terminale, dans les équipes St Vincent de Paul, après avoir été assistante sociale, après avoir élevé mes enfants et m'être engagée à fond dans les associations de parents d'élèves, après huit années avec mon mari d'accompagnement de jeunes couples qui allaient se marier, après dix années en tant que conseillère conjugale et thérapeute de couple et de famille, je m'accorde cette rencontre avec moi même !!! Lady Bibi a dû attendre...

Mon corps l'a réclamé depuis longtemps, m'envoyant régulièrement des messages que j'ai en partie vus, mais ne réussissant pas à installer dans la durée, de la place pour moi !!!

Commencer par arrêter d'être ma pire ennemie, libère en moi, une puissance et un bonheur immenses. 

Dans le respect de Lady Bibi, je vais me laisser cette semaine pour laisser descendre tout ce que j'ai pu découvrir, et peut-être que je referai ce parcours pour la deuxième fois, comme le propose Olivier Clerc. Je vais laisser mon intuition me guider, laisser advenir mon désir et ma créativité. Je viens d'acheter le livre d'Isabelle Fontaine "Développer votre intuition". Encore des choses à approfondir pour moi. Si je continue sur ma lancée, pourquoi pas envisager d'ouvrir un autre blogue sur mon parcours avec ce livre. Il faut que j'ai l'audace de contacter l'auteur et de le lui demander. En attendant laissons nous vivre... Quand les choses doivent se faire, elles se font...

Vendredi j'ai rencontré Jacques Lecomte. Belle rencontre d'un homme passionnant et simple. Le 12 juin je vais écouter Pierre Pradervant sur les bénédictions. Je vais essayer d'oser aller à sa rencontre... Et en septembre, j'assisterai aux journées d'Emergences "qui sommes-nous ? Se découvrir au delà des masques", avec entre autres Christophe André, Mathieu Ricard et Alexandre Jollien. Des hommes qui par leurs livres, les conférences et les émissions où je les ai vus, m'ont marquée et accompagnée.

Des cailloux qui dessinent le nouveau chemin qui se présente à moi... Affaire à suivre, ce blogue m'a donné de la force, je continuerai...




samedi 10 mai 2014

La gratitude

Jour 20 :
Savoir dire merci à la vie, j'aime le faire souvent.

Y penser tous les jours, écrire un journal quotidien de gratitudes, je l'ai pratiqué, sans l'installer vraiment. Je suis rétive à m'imposer quelque chose. Il me faut du temps, réaliser et reréaliser les choses, pour intégrer cela ou pas dans la durée.

J'ai besoin d'approfondir ce qui m'a été proposé pour continuer à avancer. Le chemin ne sera jamais fini, car il y aura des moments où j'y arriverai, ceux où je réaliserai assez vite, ceux où je lâcherai et puis ceux où cela deviendra une seconde nature. Il ne faut pas me décourager, j'accepte de ne pas réussir et je me réjouis de ce que cela ne m'écroule plus.

Remercier quand on vit quelque chose de dur, j'ai du mal à y croire. J'ai eu à vivre la maladie d'un enfant, les problèmes de santé plus ou moins lourds, le décès d'un parent... J'ai du mal à dire merci.

Par contre j'ai vécu d'autres expèriences douloureuses qui m'ont permis de grandir, sans elles je ne serais pas la femme que je suis. Là je peux remercier.

Cette fin de parcours me rend sérieuse. A demain pour le dernier bilan.


Ricochets !!!

Jour 19  bis :
Il m'a fallu laisser passer la nuit pour comprendre quelque chose à côté duquel j'étais passée hier. Quand je demande pardon seule, dans mon intérieur, à des personnes précises, avec qui j'ai des ressentis douloureux et négatifs, je peux demander pardon pour le fait d'entretenir ce regard négatif que je pose sur elles en ressassant mes griefs. Je leur renvoie alors leurs actes comme leur appartennant, et moi je romps le lien polluant que j'entretiens en repassant en boucle, mes amères pensées. Alors là OUI mon coeur libère de la place, ma tente intérieure s'élargit et toute chose nouvelle peut advenir...

vendredi 9 mai 2014

Le Pardon

Jour 19 :
Aujourd'hui j'ai assisté à une conférence avec Jacques Lecomte sur "Dépasser la souffrance, résilence et pardon, quels liens ?", le même jour où Olivier Clerc demande de réfléchir sur le pardon ! Incroyable corrélation ! 
J'ai senti un homme vrai, simple et profond. Une interview ensuite en petit comité, une amie, lui et moi, ont confirmé ce ressenti.

A la fin de la conférence, par groupe de dix, nous avons eu à réfléchir entre autres, sur le pardon. J'ai pu témoigner que je peux maintenant dire, avec le coeur, que j'ai pardonné à ma mère ce qu'elle m'a fait vivre durant mon enfance, et je la dissocie de ses actes, qui restent non justifiables. Comme le dit Jacques Lecomte "le pardon n'est pas l'oubli de l'acte, ni une justification, mais la distinction de l'acte de la personne." 

J'ai longtemps quêté une reconnaissance de ce que j'avais vécu. J'ai d'abord été crue par mon mari. Ensuite j'ai pu l'entendre de la bouche de mon psychanalyste qui reconnaissait ce que je disais comme étant, "c'est comme cela que je l'avais vécu". Cela m'a aidée ensuite à continuer le chemin pour déposer la haine, ne pas reproduire auprès de mes enfants, m'apaiser petit à petit, très lentement, pour arriver au pardon, qui me semblait impossible jusqu'à il n'y a pas longtemps.

Par contre je ne suis pas d'accord avec le fait que faire le chemin pour demander pardon soit supérieur à celui de pardonner. Pardonner gratuitement, sans attendre en retour, m'a transformée intérieurement.  C'est une étape qui me construit et me remet debout. Cela me prépare aussi à la possibilité que si ma mère rencontre le besoin de le demander, je serai prête sincèrement à le donner. Et moi cela me fait du bien...

Repos pour aujourd'hui, Lady Bibi va reposer Monsieur Cerveau...bonne nuit.