jeudi 12 mars 2015

Lady Bibi au pays de ses peurs, sans peur...

Ma réflexion d'aujourd'hui porte sur mes peurs, mais c'est paisiblement que j'ai pu les observer... Cela ne m'est pas habituel, et je l'ai vécu comme un instant cadeau.

J'ai quelques peurs récurrentes que je reconnais bien. Elles me sont familières. En général je les fuis, tellement elles me font peur. Et là, comme un instant de grâce, je les ai regardées et j'ai pu contacter en moi, un lieu paisible où je me sentais en sécurité avec moi-même... Je me suis vue étant capable de les vivre et me dire que je peux les traverser...

Cela touche alors à la représentation que je peux me faire de la mort, et là encore quand je peux regarder la mort comme faisant partie de la vie, alors je me sens encore plus en vie... Cela ne m'enlève en rien de la vie, au contraire j'expérimente que la vie circule mieux pour moi...

« La peur bloque la compréhension intelligente de la vie. » nous dit Jiddu Krishnamurti.
J'entrevois ce que cela signifie. C'est tellement fugace... J'aimerais bien m'installer de ce pays sans peur, où mon esprit pourrait se mouvoir librement...

C'est curieux ces choses que je ressens et que je frôle sans pouvoir complètement les intégrer... Je sais qu'elles sont les poussières d'étoiles qui m'annoncent la suite du chemin... Des petits cailloux que le Petit Poucet dans un égarement, a semé pour m'indiquer la route, celle de ma maison intérieure, celle de ce lieu paisible dont je vous parlais au dessus...





mercredi 11 mars 2015

Me heurter à moi-même comme le propose Carl Gustav Jung...

Ne pas rester à ma surface, me heurter à moi-même pour ensuite ressentir l'impression salutaire de bien-être nous suggère Carl Jung... C'est le sentiment que j'ai en cheminant actuellement. 

Je souhaite affronter ces zones d'ombre qui m'habitent car je pressens la lumière qui en découlera. J'affleure les zones sombres, mais je ne sais pas toujours comment aller plus loin... Je ne me décourage pas, je m'y essaye, je gratte la surface et ensuite je sens qu'il faut plonger...

Je me rends compte que je n'en meurs pas, j'observe, et finalement j'arrive à ne pas me montrer si dure avec moi-même. Me voir dans mon humanité en cessant d'accuser l'autre de tous les maux, mais en me regardant en face dans ma responsabilité, dans les projections de mes ombres...je survis très bien...je n'en meurs aucunement... 

Je comprends que lorsque monte en moi des mots d'accusation de l'autre, je dois retourner l'accusation vers moi pour regarder mon ombre qui agit... Celle-ci est prise en flagrant délit... Elle ne peut pas alors agir sur l'autre. Elle dégonfle comme une baudruche et c'est là que me pardonner peut m'aider...

Me pardonner alors, n'est pas une histoire de battre ma coulpe... C'est un cadeau que je me fais en intégrant ces zones d'ombre comme miennes, et je peux travailler dessus. 

Je termine en vous citant un extrait d'article paru dans Psychologie Magazine en décembre 2007 :

"Pour Jung, l’ombre représente une partie de nous-même que nous ne reconnaissons pas comme faisant partie de notre personnalité psychique, explique Norbert Chatillon, psychanalyste jungien. Lorsque nous ne voyons pas l’ombre en nous, nous la projetons sur les autres, ou bien nous la laissons se retourner contre nous, ce que les jungiens appellent “déflation”. 

Pour Jung, l’ombre nous constitue tout autant que la lumière. Elle peut prendre toutes les formes. Ainsi, la propension à juger peut être la part d’ombre, refoulée ou ignorée, de celui qui accuse toujours les autres de le juger. L’ombre comprend aussi tous les aspects que la personnalité consciente perçoit comme négatifs, même quand il ne s’agit pas de défauts. Par exemple, l’humour ou la sensualité, habituellement réprimés chez un homme ou une femme inhibés, pourront se manifester dans certaines circonstances. Ces traits de personnalité, refoulés en temps ordinaire, constituent leur « part d’ombre ». De manière générale, on peut dire que plus l’ombre en soi est identifiée et acceptée, plus on se sent confortable avec soi-même et avec les autres. On parle alors d’intégration." 


lundi 9 mars 2015

Quand je me compare aux autres...

Je continue ma réflexion d'hier. Me voilà plongée dans un exemple bien concret que je venais de vivre. Au cours d'un échange avec une amie, je sens un fort agacement, une sourde colère, face à la réaction de celle-ci à mon égard. Je ressens que cette personne m'envie... En fait je ne sais absolument pas si c'est ce qu'elle ressent, puisque je n'ai pas vérifié... Mais c'est cette interprétation qui me vient...

Le fait de penser à l'agacement, cela vient me dire, allez, cherche l'envie que tu peux toi aussi ressentir face à certaines personnes. C'est pas joli, joli !!! Un jugement Lady Bibi !!! Les deux cumulés mon capitaine !!! Du boulot en perspective !!!

Trêve de plaisanterie ! Me penser comme pouvant être envieuse... Je ne voyais pas cela chez moi ! Voltaire dit : "L'envie est le poison du coeur"... Envier l'autre ne me permet plus de le regarder sans jugement. Cela pollue mon regard sur lui ! Voilà ce qui se passe en moi à ce moment là, une pluie de jugements...

Pas étonnant que cela ai provoqué cet agacement, limite cette colère en moi... J'imagine que ce qui se passe en moi lorsque j'envie quelqu'un, l'autre le pense de moi... Et là c'est comme l'effet KissCool de ma jeunesse, il y a un deuxième effet par derrière !!! Si l'autre pense quelque chose de négatif sur moi, cela touche à ce que j'accorde du crédit à cette pensée...

Et je retouche à la fragilité de mon estime de moi... Et mes ombres flottent autour de moi en une ronde joyeuse et me disent : "Tu ne peux pas m'attraper"...comme quand je jouais au chat et à la souris enfant... 

Et la phrase de Krishnamurti me revient : "Si l'on ne se compare à personne, on devient ce que l'on est". Me sortir de l'envie c'est me sortir de la comparaison aux autres... 


Je me mets en route vers mes zones d'ombre...

J'ai regardé une interview de Jean-Jacques Crévecoeur qui a touché dans le mille une de mes grandes difficultés. Il y partageait un évènement douloureux dans sa vie et où il expliquait que cela lui avait permis de plonger dans une zone d'ombre chez lui. Il a subi des accusations injustifiées et a posé des actes pour se défendre. Mais en dehors de cela, il a eu le courage de se poser la question : puisque je suis accusé de quelque chose, c'est que je dois avoir en moi quelque chose de cet ordre là et qui a attiré cette accusation.

Il a travaillé avec un thérapeute, fortement cette question et il a compris pourquoi. Cela m'a impressionnée de lire cet exemple aussi concret sur cette question : quand je juge quelque chose durement chez quelqu'un, c'est moi que je juge, car je le porte aussi en moi... Et me voilà qui plonge dans du concret à travers un échange avec une personne proche.

Cette personne me renvoie que je ne fais pas grand chose et cela me met dans une sourde colère qui ne m'a pas permis de lui répondre... J'analyse avec un proche, je verbalise, je cherche et je tombe assez vite sur des échos de l'enfance : "tu es velléitaire" phrase entendue des millions de fois lorsque j'étais petite fille !!! Je réalise alors que je peux me regarder comme cela, je peux croire que je n'en fais pas assez...

C'est parce que je crois cela de moi, que la phrase de l'autre me touche autant. Si je ne croyais pas cela de moi, cette phrase me glisserait dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard...

Cela me permet une approche en douceur de mes ombres, car je comprends que si j'applique ce raisonnement à d'autres situations, je vais trouver mes zones d'ombre...

Je le savais intellectuellement. Et là de l'appliquer concrètement sur un exemple, m'a fait faire une espèce de gymnastique que je dois encore, et encore ré-exercer !!! Et oui !  Lady Bibi ! La pratique vient en pratiquant ! 

Bon ! Comme la vie est lieu plein de ces exercices tendus comme des perches pour grandir, il n'y a plus qu'à... On y va ?


vendredi 6 mars 2015

Quand je réfléchis sur la perception que j'ai de moi, je touche aussi à mes ombres...

Quand je me modifie la perception que j'ai de moi, je transforme le monde dans lequel je vis, nous dit Guy Finley.

Je le comprends comme : si je me transforme moi-même, je transforme ma perception du monde. Et c'est quelque chose que je vis de plus en plus. Plus j'avance sur mon propre chemin de spiritualité, plus cela me permet de voir le monde avec mon prisme personnel que je choisis, et plus mon regard voit ce qui est beau autour de moi.

Plus je me vois dans mon humanité, plus j'accepte mes imperfections, mes ombres, plus je descends de ce côté de moi, plus je deviens bienveillante à mon égard et plus je le deviens pour l'autre en face de moi. Mon monde se peuple de femmes et d'hommes qui ont à faire avec les mêmes zones d'ombre, les mêmes limites imparfaites... 

Apprivoiser mes ombres commence par le dévoilement de celles-ci... Je n'ai pas fait tout le chemin encore... Je suis en route ! 

Mon billet de ce soir sera court car tout cela me travaille, et la mise en mot me prend plus de temps. Je me le donne, patience...

Je termine avec cette citation de J.Monbourquette : "Faire la paix avec son ombre et se lier d'amitié avec elle constitue la condition fondamentale d'une authentique estime de soi". Belle et douce soirée à chacune et à chacun, et à lundi.


jeudi 5 mars 2015

Devenir soi-même et oser être heureux !!!

Devenir soi-même et oser être heureux... Tout un programme, n'est-ce-pas ?

Devenir moi me demande de chercher qui je suis, tout en quittant des idées, des croyances...qui m'ont limitée dans mon regard posé sur moi et sur les autres...

Quand j'affirme quelque chose est-ce vraiment ce que je crois, ou suis-je guidée par des croyances limitantes, ou encore par des idées qui me maintiennent dans une zone de confort, mais qui me restreignent dans mon champ d'expériences ?

Je m'aperçois que quand j'interroge l'autre sur le pourquoi de ce qu'il exprime, en lui demandant d'où vient la croyance qu'il me dit, je sens bien qu'on peut avoir peur de sortir de sa zone de confort, de ce que l'on connait...

Me laisser bousculer par l'autre qui est tout autre, qui s'est construit avec son histoire, les croyances de son éducation, comme moi...est bien sûr bousculant !!!

Cela me conduit vers mon "Je" de plus en plus. Je m'approprie ce que je dis comme étant c'est ce que je crois, et je perçois ce que me dit l'autre comme étant qu'il croit. Je ne veux pas qu'il m'impose ce qu'il me dit et cela me demande d'être très vigilante quand je m'exprime pour que l'autre ne ressente pas que je cherche à le convertir...

Je trouve très difficile de faire entendre à l'autre que je n'essaye pas de le convaincre mais juste de me dire. Double gymnastique de bien m'exprimer avec mon "Je", et bien entendre que le terrain sur lequel est entendu mon discours, a sa propre grille pour interpréter ce que je dis...

Je me rends compte que tout cela est bien compliqué, et qu'il me faut revenir à "Devenir moi" comme chemin essentiel à parcourir et sur lequel je peux avoir un impact... Être actrice de ma vie de plus en plus en connaissant mieux mon "Je", voilà un parcours qui me rend heureuse. 

J'ose m'aventurer de manière tout à fait imparfaite, et l'acceptation de l'imperfection me permet de quitter les anxiétés générées par une course vaine de la perfection... Serait-ce cela le bonheur ? Serait-ce cela le monde réel habité de personnes réelles, et non le monde de mon imaginaire et dans lequel les personnes n'étaient jamais comme je les voulais ???

Bienvenue Lady Bibi dans le monde réel et imparfait, toi qui est parfaitement imparfaite, comme tout un chacun... Accepte de plus en plus ton imperfection et tu pourras regarder celle des autres comme de plus en plus acceptable !






mercredi 4 mars 2015

Merci à la vie pour une rencontre authentique...

J'ai eu un joli échange authentique grâce à ma page Facebook, avec Diomède Niyonzima, dont je vous ai déjà parlé dans mon billet du 8 janvier.

Je vous avais dit à quel point son témoignage de vie qu'il raconte dans un petit film "Lueur d'espoir" (http://www.pascalhastir.com/index.php?option=com_content&view=article&id=79&Itemid=62&utm_source=Voeux+pour+2015&utm_campaign=voeux+2015&utm_medium=email il faut cliquer sur lueur d'espoir, ensuite mettre comme mot de passe : engagé? ) m'avait touchée.

Son histoire est pour moi un témoignage qui me permet de regarder l'être humain avec confiance et espérance. Il m'a permis d'élargir mon regard. 

Diomède a eu toute sa famille (43 personnes) décimée par le génocide au Burundi, il avait onze ans. Après avoir survécu quinze jours en marchant la nuit et se cachant le jour, il a fallu qu'il survive dans un camp pour réfugiés. Il s'en échappe en rejoignant une grande ville où il va vivre deux ans la vie des enfants des rues. Un homme va le recueillir en lui permettant d'apprendre un métier, gagner sa vie et reprendre l'école. Il est maintenant journaliste et poète, et a fondé sa famille. Il vit au Québec.

C'est un cadeau que la vie me fait d'avoir pu échanger avec lui, c'est pour cela que je souhaite vous en faire part aussi. 

Il m'épate par sa manière de regarder ce qui s'est passé, d'avoir pu se construire avec son histoire. Il me permet de comprendre que si les enfants ne sont pas suffisamment éduqués, ils peuvent devenir la proie facile pour être endoctrinés et tomber dans la haine de l'autre et la violence. Et il m'a expliqué qu'il lui a fallu du temps pour comprendre que ceux qu'on peut prendre comme ennemis, peuvent aussi être des victimes... Merci Diomède, tu m'offres une belle leçon de vie.

Je me permets de vous partager son projet actuel ( https://www.indiegogo.com/projects/aidez-nous-a-faire-plus ) qui est un prolongement de ce qu'il a déjà commencé dans son association Kira Burundi, et qui souhaite prendre en charge l'accompagnement de dix jeunes qui vivent dans la rue, pour leur permettre de se ré-insérer. 

Merci de le partager si vous êtes touchés comme moi, mais bien sûr dans le respect de chacune et chacun de vous, et sans obligation aucune.

Cette rencontre Facebookienne m'a donnée tellement de joie, que je ne pouvais pas la garder pour moi... Gratitude ! Merci ! Reconnaissance !